Attirés par le crucifié !?

Attirés par le crucifié !?

5ième dimanche du Carême B

Lectures : Jr 31, 31-34 ; He 5, 7-9 ; Jn 12, 20-33

Ascension ou crucifixion ?

« Moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » (Jn 12, 33) Jésus élevé de terre. La parole du Seigneur pourrait nous faire penser à l’ascension de Jésus : après sa résurrection, Jésus monte au ciel et entre dans la gloire de son Père. Voilà un Jésus attrayant vers lequel les hommes se tourneront volontiers ! Mais l’évangéliste Jean prend la peine de préciser. Il ne s’agit pas de l’ascension. Quand Jésus dit qu’il sera élevé de terre, « il signifiait par-là de quel genre de mort il allait mourir. » C’est donc du crucifié qu’émane une force d’attraction « irrésistible » par rapport à tous les hommes. Affirmation pour le moins paradoxale ! Car en lisant les récits de la Passion, nous n’avons pas l’impression que cet homme crucifié est particulièrement attrayant. Mis à part une poignée de fidèles, les disciples ont tous disparu dans l’obscurité de la nuit. Bien sûr, il y a une foule de spectateurs sur le Golgotha. Certains sont horrifiés par ce spectacle, se voilent la face, se détournent et s’en vont tout tristes. D’autres, plus cruels ou sadiques, y trouvent un malin plaisir : ils ricanent et se moquent, n’ont que railleries et mépris à la bouche. Ils sont convaincus que la croix vient désavouer Jésus une bonne fois pour toutes : il n’est pas possible qu’il est l’Envoyé de Dieu puisque Dieu le laisse mourir d’une mort infâme. Les événements du calvaire sont tellement affreux qu’ils provoquent de la répulsion plutôt que de l’attirance ! Peu se sentent attirés par Jésus en cette heure atroce.

Mystère du calvaire

Il faudra beaucoup de temps aux disciples pour percer le grand mystère du calvaire ; il faudra beaucoup de temps pour que au-delà – ou plutôt au cœur – des ténèbres ils puissent voir rayonner la lumière.

Jésus lui-même nous aide à chercher dans la bonne direction. Au lieu de nous détourner avec incompréhension, il nous invite à regarder de plus près pour mieux comprendre. Saint Jean a retenu deux paroles de Jésus où il est question de souffrances et de « mort », deux réalités qui débouchent pourtant sur la vie et la joie.

La première réalité concerne chacun de nous, même si nous ne nous en souvenons pas. Il s’agit de la naissance d’un enfant. Nous ne gardons aucun souvenir de notre propre naissance. Mais nos mamans s’en souviennent. « Lorsque la femme enfante, elle est dans l’affliction puisque son heure est venue, mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus de son accablement, elle est tout à la joie d’avoir mis un homme au monde. » (Jn 16, 21) Les douleurs de l’enfantement sont très dures pour la mère, mais elles débouchent sur la vie et sur la joie de pouvoir tenir le nouveau-né dans les bras.

L’autre réalité est évoquée dans l’évangile de ce dimanche : le grain de blé qu’on met en terre. Ceux qui ne connaissent rien au jardinage ou à l’agriculture pourraient penser que ce grain de blé va pourrir, qu’on n’en parlera plus jamais. Il n’en est rien ! Le grain va germer, l’épi apparaîtra bientôt et, lorsque le soleil aura mûri le grain, les moissonneurs peuvent se mettre au travail ! « Ceux qui sèment dans les larmes moissonnent en chantant ! » (Psaume 125, 5)

A partir de ces deux réalités si belles et si vitales pour chacun de nous, le mystère de la croix s’éclaire de l’intérieur. La croix n’est pas une réalité absurde et stérile. Bien au contraire, elle est source de vie, d’enfantement et de salut !

« L’amour de Dieu est folie »

Une prière eucharistique pour les enfants le dit admirablement bien : « Père très bon, nous te disons merci pour ton Fils. Comme la semence jetée en terre meurt pour donner une vie nouvelle, ainsi, Jésus est mort pour nous sur une croix. Comme la maman donne la vie en s’oubliant elle-même, ainsi, Jésus nous a aimés comme personne, en s’oubliant pour nous jusqu’à la mort. Comme l’arbre au printemps revit d’une vie nouvelle, ainsi Jésus nous fait revivre avec lui d’une vie nouvelle qui nous vient de toi. » Que de bonnes raisons pour entonner l’action de grâce : Oui, « béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! »

« Ô croix, sublime folie, ô croix de Jésus Christ ! Dieu rend par toi la vie et nous rachète à grand prix. L’amour de Dieu est folie, ô croix de Jésus Christ. »

                                                                                                                      Abbé Leo Palm


Prière universelle

Implorons le Seigneur qui a fait alliance avec l’humanité : il est notre Dieu et nous sommes son peuple :

Refrain : Entends le cri des hommes, monter vers toi, Seigneur.

  • Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes : Seigneur Jésus, tu es le Sauveur du monde ; révèle ton salut à tous les hommes de la terre et attire-les dans ta paix. Nous t’en prions.

 

  • Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive : Seigneur Jésus, tu n’es pas venu pour être servi, mais pour servir ; appelle encore aujourd’hui des jeunes et des moins jeunes pour qu’ils te suivent sur le chemin du service. Nous t’en prions.

 

  • Le Christ a présenté dans les larmes sa prière et sa supplication à Dieu : Seigneur Jésus, tu es aux côtés de ceux qui vivent l’épreuve et l’arrachement de la mort ; intercède pour l’humanité souffrante et donne en abondance l’Esprit consolateur. Nous t’en prions.

 

  • Je mettrai ma Loi au plus profond de votre être, je l’inscrirai dans votre cœur : Seigneur Jésus, tu es le chemin, la vérité et la vie ; donne-nous de mettre nos pas dans tes pas pour conformer notre agir à la volonté du Père. Nous t’en prions.

 

Seigneur, tu veilles sur ton Eglise qui te prie en communion avec la Vierge des Pauvres. Répands sur nous ta bénédiction, maintenant et pour les siècles des siècles.

 

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Une prière

Béni sois-tu, Père,
pour le grain qui accepte de mourir
et qui porte beaucoup de fruit.
Béni sois-tu pour ce grain nu,
ce grain unique et silencieux de tes semailles,
le grain précieux,
promesse des moissons : Jésus !

Béni sois-tu, Jésus,
toi qui as présenté avec un grand cri,
et dans les larmes,
ta prière, ta supplication.

Béni sois-tu,
toi qui as consenti
à n’être que le grain de la moisson de Dieu.
Tu découvres en ton abandon
le prix de notre joie,
et le Père te glorifie !


Un Chant


 

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